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Ecrits de grands Auteurs : Parlez-nous des enfants
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| Posté par citations-poemes le 21/7/2008 23:23:51 (939 lectures) |
 Parlez-nous des enfants
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ; Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. |
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Ecrits de grands Auteurs : Nuit de neige
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| Posté par citations-poemes le 17/7/2008 0:49:05 (1385 lectures) |
 Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte, Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes. L'hiver s'est abattu sur toute floraison ; Des arbres dépouillés dressent à l'horizon Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter. On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère. De son morne regard elle parcourt la terre, Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde, Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ; Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement, Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! Un vent glacé frissonne et court par les allées ; Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux, Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ; De leur oeil inquiet ils regardent la neige, Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
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Ecrits de grands Auteurs : La retraite
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| Posté par citations-poemes le 16/7/2008 23:04:45 (1828 lectures) |
 La retraite
Aux bords de ton lac enchanté, Loin des sots préjugés que l'erreur déifie, Couvert du bouclier de ta philosophie, Le temps n'emporte rien de ta félicité ; Ton matin fut brillant ; et ma jeunesse envie L'azur calme et serein du beau soir de ta vie !
Ce qu'on appelle nos beaux jours N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage, Et rien, excepté nos amours, N'y mérite un regret du sage ; Mais, que dis-je ? on aime à tout âge : Ce feu durable et doux, dans l'âme renfermé, Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme ; C'est le souffle divin dont tout l'homme est formé, Il ne s'éteint qu'avec son âme.
Etendre son esprit, resserrer ses désirs, C'est là ce grand secret ignoré du vulgaire : Tu le connais, ami ; cet heureux coin de terre Renferme tes amours, tes goûts et tes plaisirs ; Tes voeux ne passent point ton champêtre domaine, Mais ton esprit plus vaste étend son horizon, Et, du monde embrassant la scène, Le flambeau de l'étude éclaire ta raison.
Tu vois qu'aux bords du Tibre, et du Nil et du Gange, En tous lieux, en tous temps, sous des masques divers, L'homme partout est l'homme, et qu'en cet univers, Dans un ordre éternel tout passe et rien ne change ; Tu vois les nations s'éclipser tour à tour Comme les astres dans l'espace, De mains en mains le sceptre passe, Chaque peuple a son siècle, et chaque homme a son jour ; Sujets à cette loi suprême, Empire, gloire, liberté, Tout est par le temps emporté, Le temps emporta les dieux même De la crédule antiquité, Et ce que des mortels dans leur orgueil extrême Osaient nommer la vérité.
Au milieu de ce grand nuage, Réponds-moi : que fera le sage Toujours entre le doute et l'erreur combattu ? Content du peu de jours qu'il saisit au passage, Il se hâte d'en faire usage Pour le bonheur et la vertu.
J'ai vu ce sage heureux ; dans ses belles demeures J'ai goûté l'hospitalité, A l'ombre du jardin que ses mains ont planté, Aux doux sons de sa lyre il endormait les heures En chantant sa félicité. Soyez touché, grand Dieu, de sa reconnaissance. Il ne vous lasse point d'un inutile voeu ; Gardez-lui seulement sa rustique opulence, Donnez tout à celui qui vous demande peu. Des doux objets de sa tendresse Qu'à son riant foyer toujours environné, Sa femme et ses enfants couronnent sa vieillesse, Comme de ses fruits mûrs un arbre est couronné. Que sous l'or des épis ses collines jaunissent ; Qu'au pied de son rocher son lac soit toujours pur ; Que de ses beaux jasmins les ombres s'épaississent ; Que son soleil soit doux, que son ciel soit d'azur, Et que pour l'étranger toujours ses vins mûrissent.
Pour moi, loin de ce port de la félicité, Hélas ! par la jeunesse et l'espoir emporté, Je vais tenter encore et les flots et l'orage ; Mais, ballotté par l'onde et fatigué du vent, Au pied de ton rocher sauvage, Ami, je reviendrai souvent Rattacher, vers le soir, ma barque à ton rivage. |
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Ecrits de grands Auteurs : L'amour et la mort
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| Posté par citations-poemes le 15/7/2008 12:46:39 (264 lectures) |
L'amour et la mort (A M. Louis de Ronchaud)
I
Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment :
Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent Et qui vont se glacer.
Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur, Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse D'un instant de bonheur ?
Amants, autour de vous une voix inflexible Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! " La mort est implacable et le ciel insensible ; Vous n'échapperez pas.
Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure, Forts de ce même amour dont vous vous enivrez Et perdus dans le sein de l'immense Nature, Aimez donc, et mourez !
II
Non, non, tout n'est pas dit, vers la beauté fragile Quand un charme invincible emporte le désir, Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile A frémi de plaisir.
Notre serment sacré part d'une âme immortelle ; C'est elle qui s'émeut quand frissonne le corps ; Nous entendons sa voix et le bruit de son aile Jusque dans nos transports.
Nous le répétons donc, ce mot qui fait d'envie Pâlir au firmament les astres radieux, Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie, Leur lien pour les cieux.
Dans le ravissement d'une éternelle étreinte Ils passent entraînés, ces couples amoureux, Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte Un regard autour d'eux.
Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ; Leur espoir est leur joie et leur appui divin ; Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe Leur pied heurte en chemin.
Toi-même, quand tes bois abritent leur délire, Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers, Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire S'ils mouraient tout entiers ?
Sous le voile léger de la beauté mortelle Trouver l'âme qu'on cherche et qui pour nous éclôt, Le temps de l'entrevoir, de s'écrier : " C'est Elle ! " Et la perdre aussitôt,
Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée Change en spectre à nos yeux l'image de l'amour. Quoi ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée Pour un être d'un jour !
Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles, Grand Dieu qui dois d'en haut tout entendre et tout voir, Que tant d'adieux navrants et tant de funérailles Ne puissent t'émouvoir,
Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre Tu dises : " Garde-les, leurs cris sont superflus. Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre ; Tu ne les rendras plus ! "
Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère ; Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein. Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un jour, sur la terre, Va s'aimer dans ton sein.
III
Eternité de l'homme, illusion ! chimère ! Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain ! Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère, Il lui faut un demain !
Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés, Vous oubliez soudain la fange maternelle Et vos destins bornés.
Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ? Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères En face du néant.
Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles : " J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux. " La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles Luiront sur vos tombeaux.
Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ; La fleur que vous brisez soupire avec ivresse : "Nous aussi nous aimons !"
Heureux, vous aspirez la grande âme invisible Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ; La Nature sourit, mais elle est insensible : Que lui font vos bonheurs ?
Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle, C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor. Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle, Et vous laisse la mort.
Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ; Le reste est confondu dans un suprême oubli. Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître : Son voeu s'est accompli.
Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines, Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus, Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines Vous jettent éperdus ;
Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas, Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre L'Infini dans vos bras ;
Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims, Ces transports, c'est déjà l'Humanité future Qui s'agite en vos seins.
Elle se dissoudra, cette argile légère Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ; Les vents vont disperser cette noble poussière Qui fut jadis un coeur.
Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame De vos espoirs brisés, de vos amours éteints, Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme, Dans les âges lointains.
Tous les êtres, formant une chaîne éternelle, Se passent, en courant, le flambeau de l'amour. Chacun rapidement prend la torche immortelle Et la rend à son tour.
Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante, Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea, De la tenir toujours : à votre main mourante Elle échappe déjà.
Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ; Il aura sillonné votre vie un moment ; En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme Votre éblouissement.
Et quand il régnerait au fond du ciel paisible Un être sans pitié qui contemplât souffrir, Si son oeil éternel considère, impassible, Le naître et le mourir,
Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même, Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu ! Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime, Et pardonnez à Dieu !
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Ecrits de grands Auteurs : Premier soleil
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| Posté par citations-poemes le 15/7/2008 1:03:50 (251 lectures) |
Premier soleil
Italie, Italie, ô terre où toutes choses Frissonnent de soleil, hormis tes méchants vins ! Paradis où l'on trouve avec des lauriers-roses Des sorbets à la neige et des ballets divins !
Terre où le doux langage est rempli de diphthongues ! Voici qu'on pense à toi, car voici venir mai, Et nous ne verrons plus les redingotes longues Où tout parfait dandy se tenait enfermé.
Sourire du printemps, je t'offre en holocauste Les manchons, les albums et le pesant castor. Hurrah ! gais postillons, que les chaises de poste Volent, en agitant une poussière d'or !
Les lilas vont fleurir, et Ninon me querelle, Et ce matin j'ai vu mademoiselle Ozy Près des Panoramas déployer son ombrelle : C'est que le triste hiver est bien mort, songez-y !
Voici dans le gazon les corolles ouvertes, Le parfum de la sève embaumera les soirs, Et devant les cafés, des rangs de tables vertes Ont par enchantement poussé sur les trottoirs.
Adieu donc, nuits en flamme où le bal s'extasie ! Adieu, concerts, scotishs, glaces à l'ananas ; Fleurissez maintenant, fleurs de la fantaisie, Sur la toile imprimée et sur le jaconas !
Et vous, pour qui naîtra la saison des pervenches, Rendez à ces zéphyrs que voilà revenus, Les légers mantelets avec les robes blanches, Et dans un mois d'ici vous sortirez bras nus !
Bientôt, sous les forêts qu'argentera la lune, S'envolera gaîment la nouvelle chanson ; Nous y verrons courir la rousse avec la brune, Et Musette et Nichette avec Mimi Pinson !
Bientôt tu t'enfuiras, ange Mélancolie, Et dans le Bas-Meudon les bosquets seront verts. Débouchez de ce vin que j'aime à la folie, Et donnez-moi Ronsard, je veux lire des vers.
Par ces premiers beaux jours la campagne est en fête Ainsi qu'une épousée, et Paris est charmant. Chantez, petits oiseaux du ciel, et toi, poëte, Parle ! nous t'écoutons avec ravissement.
C'est le temps où l'on mène une jeune maîtresse Cueillir la violette avec ses petits doigts, Et toute créature a le coeur plein d'ivresse, Excepté les pervers et les marchands de bois ! |
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